Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles

C▲FE DE FLORE


Loin de ce qui aurait pu être un téléfilm bidon sur la relation Sartre/Beauvoir, ce Café de Flore là n’est autre que le neuvième film de Jean-Marc Vallée, réalisateur de l’hilarant C.R.A.Z.Y. Ce long-métrage là avait tout pour nous plaire : une histoire d’amour croisée entre le Paris de la fin des années soixante et le Montréal d’aujourd’hui. Mais ce que le synopsis ne dit pas, c’est que l’intrigue devient plus complexe et mystique à mesure que le film avance, que le lien qui s’échafaude entre les deux histoires nous prend par les tripes dans un découpage de scènes qui regorge d’indices. Et en sortant de la salle l’on reste persuadé qu’il faudrait bien le revoir une deuxième fois pour saisir tous ces indices qui ont tendance à nous échapper.
Mais à parler en ces termes là, on croirait lire une chronique de film policier alors que Café de Flore ne saurait parler que de l’amour et de la mystique de l’amour. L’amour-bonheur, l’amour-possession, l’amour-déception : l’amour qui toujours nous fait réfléchir et qui sans logique nous faire croire à des choses extraordinaires. Et quand le film avance et que le lien qui apparaît entre ces deux histoires se fait aussi improbable et paranormal que touchant, nous aussi on finit par y croire. Car Jean-Marc Vallée a le don de nous faire penser que cela pourrait être notre histoire, nos souvenirs qui défilent à l’écran. Même si l’on a jamais mis au monde un enfant trisomique ou quitté la femme que l’on aimait depuis l’adolescence pour une autre, on a vite fait de comprendre que l’histoire n’est pas propre aux personnages, que ce n’est ni leur bonheur ni leur douleur qui importe mais le caractère universel des amours continus, rompus, éternels ou d’une nuit : tous ceux qui rendent fous, qui nous font y croire alors que l’on ne devrait pas et qui nous paralysent longtemps avant de nous laisser en paix.
Néanmoins, Jean-Marc Vallée a réunit deux histoires des plus touchantes.
Dans le Paris de la fin des années 60, Jacqueline donne naissance à un enfant trisomique et son mari la quitte car il se sent incapable d’élever cet enfant. Son fils devient alors son combat et on la suit les yeux mouillés dans un quotidien mécanique où chaque chose ne peut être qu’à sa place. Jusqu’au jour où son petit Laurent rencontre celle qu’il aimera autant que sa mère. Mais c’est trop tôt, trop brutal pour Jacqueline qui voudrait être la seule dans son combat qu’elle rêvait de mener à deux.
A Montréal, de nos jours, l’on est plongés dans les amours troublés d’Antoine qui n’a pas rencontré une âme sœur mais deux. Alors qu’il vivait depuis plus de 20 ans avec Carole, élue femme de sa vie alors qu’ils étaient encore des adolescents un peu rebelles et férus de musique, il rencontre Rose et ne peut se résoudre à la laisser filer. Dès lors, ni lui, ni ses deux femmes, ni ses deux filles n’échapperont à la souffrance.
Liens du sang, du corps ou du cœur, tous se déploient sous nos yeux éblouis. Mais rien n’aurait été si fort dans ce film sans un élément : la musique. Que ce soit le Café de Flore version originale ou électronique, le Svefn-G-Englar de Sigur Ros ou le Pictures Of You de The Cure ; chacune des chansons qui figure sur la bande originale donne au film une intensité lumineuse. L’éclat du génie, certainement. 

Jessyka

MELANCHOLIA de Lars Von Trier



Après les événements du Festival de Cannes au printemps, l'on ne savait plus vraiment à quoi s'attendre concernant le prochain film de Lars Von Trier : Melancholia. D'un côté, la géniale Kirsten Dunst recevait le prix d'interprétation féminine pour le rôle qu'elle y tenait et de l'autre le réalisateur devenait persona non grata au Festival à cause de ses propos tenus sur Hitler et le nazisme en conférence de presse. Comme souvent, ses propos ont été amplifiés lors de l'extrême médiatisation qui a suivie et il faudra attendre le début de mois d'août pour que le réalisateur explique son geste lors d'une interview pour Libération : «En face d’une assemblée qui attend que je dise quelque chose - une provocation, puisque c’est mon style - je le fais. Et quand je dis que je suis un nazi, je suis très choqué, après, que des gens me croient ! Je reconnais que je suis compliqué… A Cannes, j’ai touché un vrai tabou, c’est ce qui explique les réactions violentes. .»

Une fois la vérité rétablie, Lars Von Trier redevient auprès du public celui qu'il a toujours été : un réalisateur de génie, et l'on redevient des spectateurs fidèles attendant avec impatience la sortie de sa prochaine prouesse cinématographique comme le prix attribuée à Kirsten Dunst pouvait bien nous le faire croire. Et l'on ne s'était pas trompés !

Lars von Trier pousse le spectateur dans un état d’hésitation complet lorsque les premières scènes du film défilent sur l’écran : doit-on tenter d’analyser les plans qui s’offrent à nos yeux ou simplement se laisser porter par leur beauté infinie ? Il faut bien quelques minutes pour s’accommoder au paysage du film (le Château de Tjolöholm en Suède) et à ces personnages qui nous intriguent.


Après un prologue comme une succession de plans parfaits, Lars Von Trier fait évoluer la première partie et s'autorise alors quelques imperfections dans la façon dont il filme ses personnages : lorsque l'on passe d'un visage à l'autre dans l'agitation du mariage de Justine (Kirsten Dunst) par exemple, la caméra est tremblante, trop rapide mais c'est précisément là, dans ces imperfections, que le réalisateur nous laisse une place, la place de nous imaginer dans leur rôle, avec notre propre famille autour.

Le moment des noces est d'ailleurs parfaitement choisi : les tensions familiales, amoureuses et professionnelles se dessinent ainsi que les caractères de chacun. Tout ça peut paraître terriblement familier à n'importe quel spectateur, même si ne se marie pas en grande pompe dans un si beau décor qui veut, on vous l'accorde. Mais cette tension qu'a choisit de faire ressortir Lars Von Trier entre les mélancoliques et les ordonnés appartient à chacun, car l'on est l'un ou l'autre et l'on vit entourés des uns ou des autres. L'on a là un concentré de ce qui peut se passer quand la tension deviennent trop grande : Justine se marie, ce sont donc ses dernières heures pour tout envoyer balader, pour laisser s'exprimer la douleur qu'elle a en elle de vivre dans ce monde sans y trouver vraiment sa place. Elle se retrouve dans l'incapacité de s'engager, incomprise par ceux qui l'entourent, surtout par sa sœur qui a organisé la cérémonie.


Dès le moment où Justine se dérobe au destin que sa sœur lui avait mit entre les mains, le film prend une autre tournure : celle de la célébration d'une absence de futur. La petite sœur a tout gâché et tombe en dépression, sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg) l'accueille sans la comprendre, avec sa haine de ce qui fait sa différence (elle réplique plusieurs fois amèrement "Sometimes, I hate you so much"). C'est dans cette situation de tension qu'arrive Melancholia, cette planète autrefois cachée derrière le soleil et qui pourrait bien heurter la Terre et détruire toute forme de vie. L'absence de futur heurte Claire, son mari et son fils de plein fouet et les plonge dans le monde de Justine qui elle ne voit qu'en Melancholia que la réalisation de ce qui la ronge depuis longtemps. C'est lorsqu'ils arrivent au point de non-retour que Lars von Trier réalise une véritable prouesse, celle de nous peindre les émotions les plus terribles qui peuvent traverser l'esprit de personnes rationnelles lorsqu'elles sont confrontées à une situation qui ne l'est pas, à cette fin du monde imminente. Et inversement avec la réaction de Justine, très sereine face à la mort qui va finalement aider ceux qui l'entourent, peut-être pour la première fois. Le regard du spectateur devant ce film est indéniablement différent selon que l'on est mélancolique ou ordonné, mais sous des allures de provocation Lars von Trier a en fait réalisé un film sur l'altérité et l'on en sort grandi, fort de savoir ce qu'est la différence.

Le futur est détruit par la surface brûlante de Melancholia dans un final magistral et l'on sort de la salle les jambes tremblantes et les quelques taffes tirées après ça en deviennent comme plus intenses. La vie elle-même prend une plus grande intensité pendant les quelques heures qui suivent la séance car le générique de fin nous rend la  vie après nous l'avoir littéralement ôtée quelques minutes plus tôt.

Jessyka







Minuit à Paris


Synopsis : Gil (Owen Wilson) et Inez (Rachel MacAdams) sont sur le point de se marier. Ils passent quelques jours à Paris avec les parents d'Inez qui ne feront qu'accentuer leur incompatibilité flagrante : Gil veut s'installer à Paris et abandonner son métier de scénariste hollywoodien pour se consacrer à l'écriture alors qu'Inez veut s'installer à Malibu et profiter d'une vie de mondaine. Alors quand les deux se retrouvent dans la capitale française, leurs envies ne coïncident pas vraiment : Inez veut courir les magasins et les lieux touristiques ou mondains tandis que Gil préfère se balader dans les rues, de préférence sous la pluie. Cette banale histoire de couple prendra un tournant merveilleux lorsque les douze coups de minuit sonnent et que Gil voyage dans le temps pour découvrir le Paris des années 20 qu'il fantasme et rencontrer ses idoles : le couple Fitzgerald, Hemingway, Dali, Man Ray, Picasso et toute la clique.

Oui, l'intrigue est attirante : Paris, un retour dans les années 20, un écrivain sur le point de se marier. Le simple nom de Woody Allen (même quand il nous déçoit on y retourne toujours) et les quelques lignes qui résument ce film sur le programme d'un cinéma d'art et d'essai suffisent à nous convaincre d'aller nous asseoir devant Minuit à Paris un samedi en fin d'après-midi.
Mais en sortant de la salle, c'est un peu plus compliqué que ça. Bien que lucide quant aux défauts du film, on est largement emportés par celui-ci et c'est tout son pouvoir qui s'étend à la sortie de la salle quand l'on s'émerveille à parcourir des rues cent fois visitées et qu'elles semblent pleines d'une beauté toute cinématographique.


Alors oui, Minuit à Paris est quelques fois grotesque : l'apparition de Gad Elmaleh en détective privé, Dali surjoué dans la scène du rhinocéros (quoi que remarquablement interprété par Adrien Brody) et puis cet acteur principal (Owen Wilson) au physique de bureaucrate, trop carré pour faire vraiment auteur et admirateur des années 20. Mais Allen se fait pardonner ses faux pas par l'ambiance planante parfaitement installée qui règne sur ce film : une beauté simple, une franchise éclatante qui ne subit ses défauts que pour nous être rendue plus simple. Et puis un rôle en compensant un autre (Carla Bruni en guide du Musée Rodin qui a son nom sur l'affiche pour un rôle secondaire et mal approprié se fait oublier quand Léa Seydoux  nous apparaît vêtue de sincérité), il est facile de se laisser entraîner par ce retour fantasque dans les années 20.  En effet, Allen nous offre une belle leçon de vie : en passant par l'univers cinématographique où tout est possible il nous prouve que nos fantasmes du passé n'ont pas lieu d'être puisque chacun - même les acteurs d'un présent monumental - pense qu'il aurait pu vivre plus heureux étant né plus tôt. Là où il aurait pu faire un film pour pédants de la plus basse couche de l'intelligentsia, Allen nous offre un film de détente et d'émerveillement à l'intrigue parfaitement menée puisqu'il s'arrête pile au bon moment.

Jessyka


LE DISCOURS D'UN ROI


 M...m...m....Merveilleux ! 

Enfin. Enfin une belle claque Anglaise comme on n'en n'avait pas eu depuis Billy Elliot. Alors, oui, c'est un petit film dramatique, on rit, on a peur pour le petit roi en devenir, on rit, mais tout de même, on en sort tout émoustillé. Comme c'est la mode en ce moment, le film s'attache à une ("petite") anecdote de l'histoire anglaise : Un prince bègue, contraint de devenir roi après l'abdication de son frère, se retrouve face au mur lorsqu'il doit prononcer discours public et radiophonique, juste avant la guerre face à Hitler. Un scénario risqué qui pourrait facilement tomber à l'eau sans les dialogues juteux à l'humour anglais tenus par des acteurs hors normes.

On s'y attendait un peu avec un Colin Firth qui maintient sa réputation d'Anglais Royal ( on ne peut plus crédible en noble Bègue ) , pas très loin de l'Ernest dans The importance of being Ernest, que l'on avait adoré, marié à une Helena Boham Carter qui nous montre enfin son potentiel dramatique (oui, elle peut interpréter autre chose qu'une nymphomane accroc aux séances pour le cancer des testicules, ou une compulsive de la décapitation ). Mais ça, vous le saviez déjà ( isn't it? ). En revanche, la grande révélation de ce film, on le dit moins, c'est bien le magnifique Geoffrey Rush qui tient le film de bout en bout : on redemande encore et encore les entrevues musclées du docteur Lionel Logue avec le Duc of York ( Colin Firth). Oui, il nous surprend aussi, on l'avait pas vu comme ça depuis qu'il nous avait fait peur en pirate aux dents noires ( rappelez vous le capitaine Barbosa face à Jack Sparrow, c'était lui.).
Quand à la mise en scène, on ne peut qu'admirer les gros plans en grand angle qui nous déforment les personnages, qui sont déjà dans de cocasses situations. Quand on voit les choix de son compatriote anglais Mike Leigh, avec ses petites gens dans leur petit Monde, qui nous avait laissé un goût amer comme un thé trop infusé, on ne peut qu'approuver ce petit bijoux de Tom Hooper qui nous laisse sans voix.

Enfin, l'intensité dramatique du film s'appuie sur une musique on ne peut plus hollywoodienne servie par Alexandre Desplat, un français (normal), un peu trop facile mais qui fait son effet, (On a compris que sortir les grands violons quand on doit pleurer,  ça marche. Une fois) et sur une photographie, irréelle au milieu de l'histoire, qui efface les décor post-victoriens, et nous recentre parfaitement sur les personnages : Ce n'est pas l'Histoire avec un grand H, mais cette anecdote plutôt originale sur deux personnages que tout sépare ( milieu social, caractère..) qui vont finalement devenir amis que nous servent les studios Wild Bunch. On ne veut pas trop vous en dire, cela vous gâcherait le plaisir. Toujours est il qu'on en sort tout  sourire avec une boule au ventre, comme après un Noël Anglais mais cette fois sans pudding.

Adrien Fonda

Gainsbourg : vie héroïque

"Bonjour, une place pour Gainsbourg s'il vous plaît" , c'est une phrase qu'on aurait cru ne plus jamais avoir l'occasion de prononcer mais Joann Sfar nous en donne l'occasion avec la sortie, le 20 janvier dernier, de son film Gainsbourg : vie héroïque. 

Du petit garçon amoureux de peinture et, déjà, des femmes au chanteur avant-gardiste on explore une vie tumultueuse et façonnée comme un livre. Le jeune Lucien Ginsbourg se crée l'image du grand Gainsbourg que plus rien n'arrête. Pourtant, on se heurte à ses souffrances : des histoires d'amour impossibles, la mort d'un père dont le personnage nous avait attendris. Ces histoires là, en apparence, arrivent à la plupart des gens mais elles se rélèvent d'autant plus tragiques qu'elles arrivent au personnage qu'il s'est créé. Malade, il veut se faire photographier sur "son lit de souffrance". Le paradoxe qu'est Gainsbourg est représenté par le personnage de "La Gueule", caricature mentale d'un artiste qui avait oublié de se trouver beau.


A mesure que le film avance, on oublie qu'on est devant un biopic tant les acteurs sont bien choisis. Gainsbourg est interprêté par Eric Elmosnino, la ressemblance est frappante mais il ne s'agit pas seulement d'un visage : Elmosnino EST Gainsbourg jusque dans son allure et sa façon, légendaire, de fumer.
Brigitte Bardot est intepretée par Laetitia Casta et on retrouve ce couple improbable comme sur les clichés vieillis.


On salut également la prestation de Philippe Katerine dans le rôle de Boris Vian, extravagant lorsqu'il s'allonge au milieu de la route et talentueux lorsqu'il chante Je Bois, on aurait pas cru qu'il s'en sortirait si bien !

Au fil des cigarettes, des déceptions amoureuses, des interrogations mais surtout des chefs d'oeuvres on voit la vie de Gainsbourg défiler dans un biopic qui révèle un Lucien Ginsbourg paradoxal, à l'imagination débordante et au talent immortel.

Jessyka

This is It : Michael Jackson



Au risque d'en fâcher plus d'un, on était rien que totalement contraintes d'en parler. Non ne partez pas déjà je ne compte pas vous faire un superbe article dithyrambique en hommage à notre ami MJ. Parce qu'en fait, moi non plus, sur le coup, j'ai pas bien compris tout ce brassage autour du « King of the pop ». Je trouvais ça bien excessif. Le pire était encore à venir, puisqu'un mois après (bon, même deux semaines à bien y réfléchir), des tas de pubs pour avoir une sonnerie Beat it, des rayons de grandes surfaces transformés en cimetière, et ce seul sujet sur toutes les lèvres.

Et pourtant, j'aimais bien Thriller, moi, et sa mort a même engendré une hausse fulgurante de mon taux d'écoute de celle-ci d'ailleurs. Mis à part cela, sa mort n'avait absolument rien changé à ma vie, et je m'en fichais de manière assez intense, finalement. Et puis, en octobre dernier, il y a eu la sortie de This Is It. Et tout le monde était plein d'entrain pour aller voir ce film qui retraçait les derniers jours laborieux de notre gugusse pour son concert de Juillet. Apparemment, il était vraiment touchant. Bon bon bon. 1H40 de Michael Jackson. Au point où on en est, de toute manière, hein... Sans grande conviction, je me laisse convaincre et serais donc de la partie.

Mais je ressors de la salle complètement gaga, parce que j'ai à la fois eu envie de danser, d'applaudir entre deux pas de danse et je suis restée assez admirative. Parce qu'à 50, Jackson sait encore danser et chanter, et aussi bien qu'il y a 20 ou 30 ans.

Un autre détail m'a frappé, c'est que ce mec avait tout de même du génie, il connaissait parfaitement sa musique, chaque rythme, chaque note. Et vu la taille impressionante de sa discographie, il faut lui reconnaître ce mérite. Néanmoins, j'ai encore du mal à penser que ce gars se donnait autant uniquement par amour pour la musique, étant donné que c'est certainement l'auteur du plus grand nombre de tubes en une seule carrière, sans compter les titres à succès des Jackson 5.



J'aimais bien Michael Jackson, avant son décès, je me rappelle avoir vu un reportage qui m'avait fasciné il y a quelques années sur cet étrange personnalité. Reportage qui a d'ailleurs, très étrangement, été rediffusé à la fin de l'été il me semble. A l'époque, il y avait cette histoire de viol sur un mineur qui venait juste d'être ( plus ou moins ) réglée. Et ce reportage, où on présentait Michael Jackson plus comme un artiste un peu attardé puisque fan de Bambi, très sensible et très dépensier. Impensable qu'il puisse donc être un violeur. Après sa mort, ces affaires de pédophilie sont remontées à la surface, forcément. Et alors, comme je n'avais plus 12 ans, je me disais que peut-être, en fait, Bambi, c'était bien qu'un vilain monsieur.

Après cela, je me suis alors posée une question ( des plus existentielles, évidemment, vous vous en doutez ), et je me suis donc demandée, qui n'aimait pas au moins une chanson de Michael Jackson. Juste une. Et si vous pensez « moi », et bien je vous conseille de faire preuve d'un peu moins de mauvaise foi, et d'aller écouter un album au hasard. Je vous défie de ne pas trouver une chanson qui ne vous aura pas fait au moins dodeliner de la tête.
The Cat Claw



Aujourd'hui on a décidé de vous proposer un supplément, rédigé par une grande fan nommée Faustine, pour initier les plus retissants et ravir les connaisseurs. Parce que, finalement, même si on ne l'aime pas Michael Jackson reste un personnage à connaître car si toute la médiatisation autour de sa mort été plutôt commerciale au moins on ne l'a pas plongé dans l'oubli comme Lux Interior et Ron Asheton qui, eux aussi, auraient mérité des étalages à leur effigie.


When the groove is dead and gone

Encore une annonce d’un reportage sur la vie mouvementée du king of pop qui s’est malheureusement arrêté le 25 juin dernier. Sans l’avoir vu, je peux vous le raconter : une famille pauvre de l’Indiana, un père violent et frustré d’une carrière musicale ratée et une tripotée d’enfants très doués. Pendant des années de travail forcé, le chanteur principal au visage et à la voix d'ange sort et bam : Michael Jackson devient un artiste international puis la légende née, les rumeurs avec..



Et là le documentaire change de sujet en virant vers la chirurgie esthétique pendant l’heure restante. Même si on déplore que sa vie privée fasse trop souvent de l’ombre à sa musique, il est vrai que les deux ont pu faire des miracles, surtout à ses débuts. Nous sommes en 1979, Michael s’est enfin libéré de l’emprise de son père et de la Motown et nous offre une pure merveille : Off the Wall. Ce chef d’œuvre soul-funk est né de la rencontre du génialissime producteur Quincy Jones et du jeune artiste. Le ton est directement donné avec Rock With You, dont le rythme dansant et rêveur est un vrai éveil des sens, ajoutez à cela une voix sensuelle est vous obtenez un morceau culte. L’envol du jeune homme se ressent dans cet album tout en innocence et douceur, on y découvre nous aussi la légèreté de la liberté comme dans Get on the Floor qui fera remuer vos pieds d’une manière incontrôlable. On vit avec It’s the falling in love, et Girlfriend, écrit par Paul McCartney, le premier amour, mais chaque bonheur à sa part de peine d’où le magnifique She’s out of my life dont les paroles de Rod Temperton vous feront fondre en larmes par leur simple justesse. Bien sûr on y trouve les tubesques Don’t stop ‘til you get enough et Off the Wall qui vous feront danser jusqu’au bout de la nuit et remonteraient le moral du plus dépressif. Vous l’aurez compris, cet album est une vraie ode à la vie. En conclusion, Michael n’était pas qu’un torturé plutôt étrange mais un homme sachant vivre et partager les passages obligés de nos pauvres vies de mortelles et on ne l’en remercierai jamais assez.


Faustine


Good Morning England

La chronique est disponible en anglais en fin d'article

A première vue, Good Morning England est un film délirant dont le seul but est de vous amuser quelque soit le moyen, mais derrière cet aspect un peu léger, Le film de Curtis est une parfaite illustration des mœurs des sixties en Grande Bretagne. Le système et les mentalités étaient comme qui dirait « coincé-du-cul » et écouter du Rock’n Roll était presque considéré comme un pêcher mortel. Heureusement ce film montre que des gens se sont battus pour la liberté de la musique, ils ont enfreins la loi et sont devenus des hors la loi dans le seul optique de diffuser de la musique sur une radio pirate. Un des personnages le dit lui-même « nous avons vendu notre âme au R&R »

Les aventures de ces pirates de la musique nous rappellent ce qui est arrivé à Radio Caroline, une radio pirate qui a commencé à émettre illégalement au début des années 60 depuis la mer du nord et qui a du fuir dans les eaux Néerlandaises pour éviter une intervention policière à bord. Ce qui montre bien que ce n’est pas une simple fiction.

De plus, l’humour rend ce film touchant et captivant, il nous entraîne dans l’intimité de 10 animateurs radio et Carl, un jeune homme venu faire de nouvelles expériences sur ce bateau –Il ne repartira d’ailleurs, pas bredouille !-

Bien sur la musique a une place très importante dans ce film puisque c’est le sujet principal du scénario. Chaque chanson a été choisie pour représenter au mieux ce l’ambiance, et les événements, par exemple quand Carl rencontre son père, la BO nous livre « Father and son » de Cat Stevens, quand il voit pour la première fois Marianne « These arms of mine » d’Otis Redding accompagne la scène. On retrouve aussi certains tubes de groupes de rock, ou de rockeurs très célèbres comme ceux des Rolling Stones, des Who, des Hollies, de Jimi Hendrix, d’Aaron Neville & co…

La musique qui nous est présentée est certainement la plus grande qualité du film, forcement, comment pourrions nous critiquer un film qui commence par « All day and all of the night » des Kinks et finit sur l’éternel « Let’s dance » de Bowie ?

Amandine



D'ailleurs, voici pour vous une sélection des 10 meilleurs titres figurants sur la B.O du film, et tous porteurs de sens dans le film. Le seul bémol de cette BO exquise et en 2 CD c'est que l'incontournable So Long Marianne de Leonard Cohen n'y figure pas, alors qu'elle apparaît à un moment clé de l'histoire : lorsque le jeune Carl vit son premier chagrin d'amour.

Nights in white satin - The Moody Blues
Let's dance - David Bowie
Elenore - The Turtles
A Whiter Shade Of Pale - Procol Harum
All Day and All Of The Night - The Kinks
Judy In Disguise ( With Glasses ) - John Fred and His Playboy Band
The Letter - The Box Tops
Father And Son - Cat Steven
End Of The World - Skeeter Davis
Wouldn't Be Nice ? - The Beach Boys



IN ENGLISH PLEASE !

Pour les amateurs de la langue anglaise nous vous proposons la critique en anglais également.

The boat that rocked could be perceived just as a delirious film which makes us laugh with easy jokes, funny clues and puns but behind this light aspect, Curtis film is a perfect illustration of the 1960’s values in England, the system was stucked in a straight mentality in which listening to rock’n roll music was nearly considered as a deadly sin. Fortunately, this film shows that people fought for freedom of music, they broke the law and became out law just into broadcasting music on a pirate radio, as it was said in the film, they “sold their souls to R&R”

The story of Radio Rock in the film reminds us of what had befallen to Radio Caroline which started broadcasting music in the early 60’s in the middle of the North Sea and had to move near to Netherlands to avoid a police offense.

What’s more, humour in the film makes it become touching and pleasant to watch, we follow the intimacy of 10 broadcasters on a boat and Carl, a young man who’s getting new experiences on this boat.

Of course, Music takes a very important place in the film since it is the main topic of the scenario.

Each song has been chosen to represent what happens to the characters. For example, when Carl meets his father, music play “father and sons” by Cat Stevens. When he encounters his first love, Marianne, “these arms of mine” by Otis Redding accompanies the scene. We can also find some famous rock stars and rock band’s songs as those of the Rolling Stones, the Who, the Hollies, Jimi Hendrix, Aaron Neville, and many others.

Music is certainly the main quality of this film, indeed, how could we criticize a film which starts on “all of day and of the night” by the Kinks and ends with the eternal “Let’s dance” by Bowie?

Rock’n Roll music leads us on a boat that definitely rocks.


1969/2009

Depuis quelques années la mode tend vers le rock et, plus récemment, vers le style "bourgeois-bohème" ou "bobo" qui rappelle les années 60. Pas étonnant alors que le 40ème anniversaire du légendaire Woodstock Music and Art Festival ne soit pas passé inaperçu.
En effet, on a vu une belle opération marketing avec la sortie du coffret 4 DVD "Woodstock : 3 jours de musique et de paix" en édition remasterisée (la remasterisation est à la mode, les Beatles et les Stones y sont passés aussi).



Cependant, le gros coup marketing autour de Woodstock et tout ce Flower Power reste le film Hôtel Woodstock d'Ang Lee.

Synopsis : 1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.



La surprise avec ce film c'est qu'on reste en dehors du festival, sans jamais apercevoir un bout de Jimi Hendrix. Et, finalement, c'est plutôt plaisant et on ne tombe donc pas dans l'hommage superficiel à un événement connu de tous.
L'attrait principal du film sont les personnages qui apportent de la fraîcheur au film et toute la diversité que peut représenter un événement tel que Woodstock. On assiste à une véritable confrontation entre les familles juives républicaines et les jeunes hippies. Et au milieu de tout ça il y a Elliot : assez jeune pour comprendre les hippies mais qui ne peut pas nier être issu de ce milieu traditionnel.


On trouve dans ce film une belle histoire de famille où la compréhension finit par se faire, peut-être grâce à ce flower power qui règne sur la maison des parents d'Elliot. La mère est avare mais finit par nous paraître attachante tant son histoire d'immigration nous semble difficile. Le fils finit par couper le cordon et arrête de se sentir redevable pour deux, car sa soeur ne voit plus ses parents. De plus, Elliot ne sait comment avouer son homosexualité et se sent comme piégé par sa famille. C'est un thème qui est cher au réalisateur Ang Lee et dont il sait parler sans en faire un sujet principal qui pourrait ennuyer.

L'enjeu économique est également souligné car ces hippies peuvent être également sérieux sur le plan de l'organisation, qui nous est présentée étape par étape, et du financement. En effet, l'argent occupe une place importante dans le film puisque chaque habitant du village cherche à tirer profit de l'événement, en particulier la mère d'Elliot qui nous faire rire avec tout ses excès pour augmenter ses bénéfices.

Hôtel Woodstock est donc un film sympathique qui peut être prit à différents degrés : on peut y voir un film léger ou le portrait d'une génération perdue.

Jessyka

Away We Go

Plus loin ils vont et plus on rit.

Synopsis : Lorsque Burt (John Krasinski) et Verona (Maya Rudolph) apprennent qu’ils vont devenir parents, c’est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que les parents de Burt déménagent, plus rien ne les y retient. Ils décident alors de partir à la recherche de l’endroit parfait où fonder leur famille. Sur leur chemin, ils rendent visite à leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d’autres leur donnent envie de suivre leur modèle… Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu’ils n’ont peut être besoin que l’un de l’autre pour fonder leur foyer.



Le synopsis annonçait déjà la couleur d'un road-movie d'un genre nouveau. Voyager pour chercher à se poser quelque part était un scénario peu exploité et on n'est pas déçu que Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles) s'y attaque. Les personnages de Burt et Verona sont attachants et se complètent parfaitement. Burt représente parfaitement le grand ours affectueux un peu lourdo et gaffeur qu'on ne peut pourtant s'empêcher d'aimer car son humour égaye chaque situation. Verona est plus posée et s'ouvre largement à tous les personnages rencontrés au fil des villes. En fait, le couple représente parfaitement les deux ambiances du film : Burt a l'esprit léger de la comédie et Verona l'aspect plus psychologique du film.

En effet, le film invite le spectateur à une réflexion sur la famille et l'éducation. Burt et Verona sont des futurs parents très stressés et soucieux de l'éducation que va recevoir leur enfant. Au début ils sont perdus et aux fil des rencontres ils apprennent surtout l'éducation qu'ils ne veulent pas lui donner. Entre une mère qui critique ses enfants à deux mètres d'eux et des parents aux principes de vie assez louches, comme le lit familial, le couple est assez retourné, et nous aussi. Et puis ils se rendent comptent que même chez les familles les plus parfaites en apparence se cachent problèmes et déceptions. La scène finale, qui invite à verser une larmichette, nous dit ouvertement que rien ne vaut un amour mutuel pour fonder une famille qui nous conviendra.


A mi-chemin entre la comédie et le road-movie psychologique Away We Go donne une grande leçon de vie plongée dans le rire. De plus, la B.O contient George Harrison, les Stranglers ainsi que le Velvet Underground : on passe donc un agréable moment musical. A ne manquer sous aucun prétexte.

Jessyka