TAKE A DRAG OR TWO W/ THE MAGNETS


Ce qu'il y a de bien avec les coups de coeur, c'est qu'un premier peut en entraîner très vite un deuxième. C'est ce qui s'est récemment produit par chez nous puisque nous nous lançons à la découverte de la scène marseillaise depuis notre périple au Marsatac et notre coup de coeur pour Oh! Tiger Mountain. Ainsi, un jeune groupe marseillais est venu à notre rencontre et l'on ne s'en plaint pas, bien au contraire. Leur nom est The Magnets, de jeunes marseillais tout ce qu'il y a de prometteurs. Leur premier EP, Puzzle, est sorti le 15 Octobre dernier et vous pouvez l'écouter directement sur Soundcloud. Mais le mieux reste encore de leur laisser la parole !

Salut les Magnets, tout d’abord est-ce que vous pouvez vous présenter brièvement chacun à votre tour ?
Tous en chœur: Salut Take a Drag or Two !

Zénia: Guitare, chant, clavier, tambourin, cris indiens. J'aime bien regarder par ma fenêtre aussi.

Hugo: Salut, je m'appelle Hugo, j'ai 19 ans et je fais de la basse et du synthé dans le groupe.

Guillaume: Je crois que je fais de la batterie dans le groupe moi.

Marine: Marine, Guitare.

Vous pouvez nous parler de la formation du groupe ?

Hugo: Pour ma part j'ai rejoins le groupe en Juin de l'année 2009 pour des prises studio, et au fil du temps on a eu le feeling et je suis encore là aujourd'hui !

Guillaume: Ouais, en fait ça a été la rencontre classique d'un groupe au lycée, genre «tiens si on faisait de la musique, viens chez moi samedi avec ta gratte !». Au début c'était juste entre Marine (guitare) et moi, puis au bout de quelque mois il nous fallait une voix, Marine connaissait Zénia, elle lui à proposer de rejoindre le groupe, et Hugo est arrivé au moment de notre premier enregistrement studio.

Vous venez de sortir votre premier EP, Puzzle, ça vous fait quoi ?
Guillaume: Peur, stress, honte, fierté, satisfaction, impression d'exister et de n'être rien à la fois.

Hugo: C'est l'aboutissement d'une année de travail et un pas de plus dans le processus de développement du groupe.

Zénia: Ça donne aussi l’occasion de travailler un peu son ego, de le mettre à l’épreuve. On a souvent tendance à s’identifier à ce qu'on créer, et cet EP c'est un peu l'occasion de commencer à désapprendre ça, de commencer à détacher sa propre personne de la création et de ne pas se juger.

Marine: Une bonne chose de faite ! On à l'impression d'avoir passé une étape, qu'on peut se projeter plus loin et plus largement dorénavant.

Vous pouvez décrire à nos lecteurs ce à quoi ils peuvent s’attendre concernant cet EP ?

Hugo: Une réelle palette auditive !

Marine: En tout cas ils ne doivent pas s'attendre à une vision exacte et finie du groupe. Ils doivent juste s'attendre à une étape éphémère de l'existence du groupe qu'on a capturé à un moment précis.

Zénia: Cher lecteurs, chères lectrices, si je puis vous adresser le conseil qui m’est le plus cher: ne marchez pas dans le but d’arriver à balise, aimez marcher et la balise viendra à vous. Aimez l’inconnu, plongez-y avec les poumons grands ouverts, et si vous aimez avancer, vos pas vous mèneront vers quelque chose qui vous paraîtra plaisant. En fait en écoutant cet EP, comme toute autre chose, les reflets des intentions qui vous y auront mené seront les seules choses que vous y rencontrerez. On se rencontre à chaque coup d’œil.

Pourquoi le titre de Puzzle ?
Hugo: Avant tout l'assemblage de 5 chansons qui sont très différentes, formant chacune une pièce de ce Puzzle qu'est notre EP.

Marine: C'est un concept qui considère chaque chose comme étant composée de plusieurs petites choses.

Guillaume: On a aussi fait le parallèle vie = puzzle: la vie de tous les jours, la vie de groupe, l'écriture des morceaux, apprendre à grandir, à se connaître... Tout ces étapes ont besoin pour être franchies de toutes les pièces qui les composent. On à bien aimé cette image et on a trouvé qu'elle collait bien à notre parcours jusqu'à maintenant. Et puis on voulait un nom simple pour changer, facile à dire et à retenir. Cinq lettres c'est parfait, on se prend souvent trop la tête sur les noms. Et puis il faut avouer que le fait qu'on soit des fans inconditionnels de Patrick Bruel a aussi beaucoup pesé dans la balance.

Les titres des chansons sont assez énigmatiques, je pense à Conceptual Colors ou à Théorie & Expérience... De quoi parlent vos chansons ? Comment procédez-vous pour l’écriture des paroles ?
Guillaume: Au niveau des paroles, c'est Zénia qui a le soin d'associer les paroles qu'elle veut à nos morceaux, selon la sonorité qu'elle veut donner à son instrument qui est la voix (chaque membre construisant sa propre partie sur chaque morceau). Et puis on est toujours plus apte à manier quelque chose qui vient de nous. Au niveau du sens des paroles on essaie de plus en plus de se les expliquer entre nous, de comprendre et de cibler ce qu'on veut dire dans nos chansons car c'est souvent très abstrait. Puis Zénia venant de Londres, on à la chance d'avoir un anglais grammaticalement correct et une grande palette de mots à disposition.

Zénia: Déjà, je pars du principe que la vie est un long monologue. Les paroles sont basées sur une confiance à l’intuition, à l’écriture automatique, comme l’on fait les artistes prônant le surréalisme. Attention, intuition = IN + TUTEUR (tuteur intérieur): soi même qui conseille soi même. Donc ce sont plus les paroles qui m’écrivent que moi qui écrit les paroles. Si on fait le constat, les paroles de nos morceaux sont souvent des choses qu’on aimerait se gueuler à soi même pour se réveiller.
En ce qui concerne Les deux titres que vous avez cités:
Pour Conceptual Colors, le titre de cette chanson nous explique dans les grandes grandes lignes comment, avec sa palette de couleurs sensuelles, on peut mettre de la couleur à nos concepts mentaux. On s’est juste rendu compte que même l’idée de devoir mettre de la couleur est un concept. En d'autre termes, tout ce qui sort de nos têtes parle de nos têtes. Au delà d’un concept coloré, on parle alors de couleurs conceptuelles.
En revanche pour Théorie & Expérience les paroles évoquent cette envie charnelle de grandir, qui est parfois très frustrante. On essaie perpétuellement de faire le tri intérieurement dans le but de mûrir plus vite et de connaître le monde. On jongle entre nos théories et nos expériences qui se chamaillent sans cesse et forment ensemble une cacophonie insupportable. Ce morceau dit que peut-être s’agit-il de les écouter et d'en faire quelques chose de symphonique, peut-être s'agit-il de faire chanter toutes nos voix intérieures en harmonie. Être tout simplement d’accord avec l’existence.

Après cette sortie, quels sont vos projets pour les prochains mois ?
Hugo: En premier lieu on a une tournée pour assurer la promo de l'EP, puis on va continuer à composer dans l'optique (encore secrète) de la sortie d'un second EP d'ici, on l'espère, le Printemps 2012.

Guillaume: En ce moment c'est un peu le rush, la première date de notre petite tournée de 8 dates qui s’achèvera en Décembre à Paris est vendredi (demain heure locale), donc dans un premier temps on pense plus aux prochaines semaines qu'aux prochains mois, on se concentre sur ce qui nous arrive avant de passer à autre chose et de parler futur, même si on y pense toujours.

Vous écoutez quoi en ce moment ?
Hugo: J’écoute notre set en boucle histoire de réviser un peu, mais sinon j'écoute beaucoup de Franz Ferdinand, un peu trop même je crois. Et en règle générale c'est Supertramp, Cure, Phoenix, Crystal Castle, Passion Pit, Blur, Air, The Knife, Radiohead, Noir Desir, Quadricolor...

Guillaume: Moi en ce moment c'est le nouvel album de General Elektriks en boucle, Cage The Elephant que j'ai découvert cette année à Rock en Seine, et j'ai aussi ressorti du placard un vieux BabyShambles qui date de mes années collège, Shotter's Nation. Et comme beaucoup j'ai récemment découvert Lana Del Rey avec son morceau Vidéo Games, que j'écoute pas mal en boucle aussi.

Zénia: En ce moment je découvre Debussy. Après c'est les séries arabesques le matin, de la drum’n’bass en journée, et le soir c’est silence ou Radiohead.

Marine: iPod + Aléatoire !

Et quand vous étiez gosses ?
Zénia: Essentiellement du funk.

Hugo: Green Day, Sum 41, Blink 182 et d'autres choses dont je tairai le nom car ça porterai atteinte a ma dignité.

Marine: Punk/rock.

Guillaume: Henry Dès, Tragédie, Dj Bobo (Chihuahua)...

Vous avez des rituels avant de monter sur scène ?
Zénia: «Je focalise sur le diaphragme, j’augmente mon énergie, réveille la bête qui dans mon âme est tapie» IAM.

Hugo: Échauffements, relaxation, massages...

Qu’est-ce que vous pensez du téléchargement illégal ?
Hugo: C'est une question très complexe surtout en ce moment. Il y a ceux qui sont pour le partage gratuit de la culture et ceux qui pensent que c'est du vol. C'est sûrement un peu les deux a la fois.

Zénia: Ça peut être intéressant dans le sens ou ça donne lieu à un problème, et que chaque problème est intéressant car il faut créer une solution qui le surpasse. Pour le téléchargement illégal je pense qu'il faut avant tout accepter le fait de la collaboration. Accepter que le problème n’est pas le téléchargement illégal mais tout ce qui a motivé l’existence même du téléchargement illégal, et accepter de faire collaborer ces motivations avec celles qui sont contre l’existence de celles-ci. C’est comme Théorie & Expérience au final: faire sonner les motivations en une symphonie, en une nouvelle voix.

Marine: C'est pratique quand on veut le morceau d'un artiste en particulier. Si on aime toute une œuvre le mieux est de l'acheter.

Le webzine s’appelle Take a drag or two, soit «tire une taffe ou deux». Si vous pouviez tirer une taffe ou deux sur la cigarette de quelqu’un de connu, ce serait qui ?
Zénia: Bob Marley. Les siennes marchaient plutôt bien.

Hugo: Alex Kapranos, leader de Franz Ferdinand. Et quitte a rêver si je pouvais aussi tirer une taffe sur la clope de Phillipe Zdar je serais ravi !

Guillaume: Keith Richards, juste pour voir ce qu'il met dans ses gitanes.

Marine: Brian Molko.

PUZZLE // EP#1 by TheMagnets



Jessyka

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