Pantiero - Soir 2

Soir 2:
The Death Set / tUnE yArDs / Omar Souleyman / The Rapture

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Pour le deuxième soir du Pantiero, on arrive trop tard pour The Death Set qui semblent pourtant avoir mit tout le monde d’accord avec un live remuant. On nous raconte que le chanteur enchaîne les péripéties : il s’empare d’un appareil photo puis d’une caméra, escalade les enceintes, mime un rodéo avec les enfumeurs… Ils semblent bien nous avoir donné moult raisons de regretter notre retard.

L’équipe de Take A Drag débarque donc pour le set de tUnE yArDs. Merrill Garbus enchante la scène du Pantiero avec ses vocalises, qu’elle étire à l’infini, accompagnée de son ukulélé et de sa pédale loop. Le son des tUnE yArDs est beaucoup plus clair en live que sur CD, ce qui rend leur set d’autant plus magique. Et oui, c’est une véritable magie qui opère ce soir là. Qu’ils soient au premiers rangs, assis en retrait sur la pelouse ou au bar, le public semble s’être épris de la musique de cette américaine. Elle nous emporte aux origines du monde, avec son timbre de voix proche de celui d’Ezra Koenig (sur Hatari notamment), et ses rythmes tribaux qui sonnent authentiques quand d’autres groupes nous font plutôt ressentir l’exotisme de ces rythmes.

L’exotisme, il est plus que présent dans le set d’Omar Souleyman. Il s’agit d’un artiste syrien produisant ce qu’on pourrait qualifier d’électro-raï mais qui apporte en fait un peu de psychédélisme à un genre bien populaire au Moyen-Orient: le dabke.
Dès les premières notes de son set on est pris d’une furieuse envie d’enfiler un saourel et de se lancer dans une danse du ventre endiablée. Cette activité ne nous viendrait même pas à l’esprit en temps normal mais Omar Souleyman révèle la part de Syrien(ne) qui est en vous. Dépaysant et décidément efficace, ce live rend le public frénétique puisque cette ambiance de fête ne retombe jamais.
Un pouce en l’air pour Omar Souleyman, la découverte de cette édition 2010 du Pantiero.

On passe de découverte à grosse pointure puisque c’est les Rapture qui viennent ensuite enflammer la scène du Pantiero.
Ce soir là, les Rapture se jettent à l’eau sans tremper le pied dans celle-ci auparavant, et ouvrent leur set avec le tube Don Gon Do It, repris en chœur par le public, sautillant au rythme de ce qui fait office de titre d’ouverture à leur dernier album en date : Pieces Of The People We Love. Ils enchaînent d’ailleurs avec le titre éponyme puis avec un autre tube : Get Myself Into It, reprenant ainsi les trois premiers titres de leur troisième opus. On aimerait parfois mettre sur pause, histoire de réaliser un peu ce qui est en train de se passer, tant ce live est énergique.
C’est tout bonnement l’extase quand le groupe décide d’enchaîner House Of Jealous Lovers à la suite de Whoo ! Alright – Yeah Huh. On assiste alors à un des enchaînements les plus catchy qu’il nous ait été donné de voir, et pas seulement dans le cadre du Pantiero.
C’est là qu’intervient la perle disco-punk de leur discographie, qui a récemment servi de générique à la série Misfits : Echoes qui, si elle nous achève, fait encore remonter d’un cran notre estime pour le groupe.
Comme les Rapture semblent anticiper le moindre de nos désirs, c’est le moment qu’ils choisissent pour jouer Open Up Your Heart, de quoi reprendre nos esprits en surfant avec eux sur cette vague de romantisme. On retiendra également la présence dans leur set d’une nouvelle chanson : Sail Away. Et bien si l’album est dans la lignée de se titre on peut prévoir un album particulièrement punchy. Pour boucler la boucle de ce set parfait on a droit à Olio, et l’on sent dans la voix de Luke la même nostalgie que j’éprouve en écrivant ces mots. On se souviendra longtemps de ce live parfaitement structurés, riches en rebondissements et en slams.

Ce deuxième soir du Pantiero fût riche en surprises : les tUnE yArDs bien meilleurs sur scène que sur CD, un Omar Souleyman faisant office de découverte et les Rapture qu’on imaginait pas si émouvants en live et que l’on peut désormais considérer comme maîtres du genre.

Jessyka

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